samedi 29 septembre 2007
Les damnes de Tritriva
De la deuch au pousse pousse
Après une nuit réparatrice, c'est un duo de guitare malgache, sur la terrasse du toit en face de ma chambre, qui me joue la sérénade à mon réveil. Chocolat chaud, croissant et petit pain au chocolat au petit dej' dans une boulangerie, que du bonheur!!! Depuis le temps… Eiko, m'a déjà rejoint pour une visite de la ville, les heures sont malheureusement comptées, c'est son seul jour à Tana. Elle doit partir pour Mahajanga dans le Nord Est du pays où elle travaille sur un projet humanitaire… On décide de visiter un parc qui regroupe une bonne partie des espèces de lémuriens de l'île. On choisi de s y rendre à bord d'une 2 chevaux, véritable pièce de musée. On en arrête une avant qu'elle ne se désarticule complètement sur les vieux pavés de la ville. Elysé, notre chauffeur, nous propose plusieurs lieux à découvrir après le parc. On prend le temps de goûter aux spécialités locales au bord de la route, les rizières font leur apparition. Au milieu de ces champs, les briques rouges et brunes fraîchement confectionnées sont alignées sur le sol par milliers. D'immenses fours à briques éparpillés dans le paysage crachent leur fumée. Pour le moment, le côté trash de l'Afrique me paraît bien loin, jusqu'à quand…? Sur les hauteurs de Tana la "Deuch" se traîne laborieusement jusqu'au palais de l'ancienne reine ; la cruelle Ranavalona I ère. Elle décapita, par exemple, des milliers de malgaches catholiques et autres missionnaires français pour réinstaurer la culture malgache dans le pays. La pierre sur laquelle les têtes roulaient, surnommée la Caligula malgache, à la forme de Madagascar. Tout un symbole… En face du palais, des pseudo guides nous incitent à faire le tour du palais avant d'y rentrer pour le visiter et nous emmènent dans un cul de sac admirer la vue panoramique. Je ne sens pas le danger contrairement à notre chauffeur qui nous rejoint rapidement nous demandant de quitter les lieux sur le champ prétextant une course urgentisssime. On comprend rapidement le message et le risque de l'impasse dans laquelle on nous avait mené… La 2CV, encore en surchauffe après son ascension, a de la peine à redémarrer. Les gars autour de nous insistent lourdement pour nous faire rester et Elysé paraît inquiet. On pousse alors l'ancêtre qui démarrera enfin dans la descente. Après une photo du tout Tana quelques centaines de mètres plus loin, Eiko doit se rendre à l'aéroport pour filer vers Mahajanga. Je profite du taxi pour changer d'hôtel et retrouver une connaissance de Jean Marc (technicien du labo de biomarine de Tulear dans le sud Ouest de Mada); son pote Francis, patron d'un hôtel. Devant un souper royal, ce personnage vous raconte, déjà bien entamé, ces histoires rocambolesques … En effet, ambiance très relevée à table puisque les uns et les autres (que de vieux vazas français) se ventent à tour de rôle de leurs conquêtes malgache et ô combien les filles sont bons marchés. A mes côtés, une malgache, femme de vaza, un peu plus bourrée que le reste de la table, pique une crise de nerfs à son mari devant tout le monde. Le seul qui avait réussi à la fermer d'ailleurs… Les convives s'en mêlent et c'est la bagarre verbale. Le mari, aussi énergique qu'une huître ne parvenant pas à calmer sa tigresse, ne trouva comme solution que de s'éclipser, la queue entre les jambes, avec sa femme qui n'oublie pas nous insulter avant de nous quitter. C'est ca, bonne nuit aussi.. J'en profite pour manger la part de la femme. Ca faisait longtemps que j'avais plus manger comme ça, tout benef'.. Allez bonne nuit bande de taré, ahaha!!!
31/08/2007
Etape suivante ; Antsirabe (là où il y a bcp de sel) connu pour ses termes mais elle est surtout la capitale des pousses pousses (posy posy). Omniprésent dans la ville, ces véhicules à deux roues arborent des couleurs vives s’appelant tantôt Nancy, Princesse, Air Mada ou encore Adidas et à l’arrière, une peinture personnalisée. En taxi brousse, de l’effervescence de Tana vers la paisible ville d’eau nous circulons sur une route comparable à un billard ; la RN7 qui relie Tana (centre) à Tulear (Sud Ouest) sur plus de 900km. Autrefois remplie de nids de zébus, cette route est refaite sous les ordres de l’actuel président Ravalomanana. Véritable homme d’affaire, elle lui permet maintenant de mieux distribuer les produits de toutes ses sociétés engrangeant des bénéfices incommensurables aux yeux d’une population démunie… Mis à part deux ou trois gros axes rénovés, se dépalcer dans Madagascar reste difficile et surtout très très très très long.. Mot d’ordre, comme sur le continent africain, mora mora (prononcer moura moura ; doucement doucement). Petit à petit donc, premiers signes des origines indonésiennes dans la culture malgache, les rizières en étages font leur apparition sur les hauts plateaux verdoyants dans le centre du pays. Les hautes maisons de brique rouge se dressent le long des routes abritant une population autrefois asiatique. Arrivé à Antsirabe, la pauvreté me prend aux tripes. Une centaine de gosses en guenilles vous attrape par les sentiments, très fort à ce petit jeu, pour que vous les nourrissiez. Difficile de résister même si les aider dans ce sens encourage la mendicité. Ils peuvent vous suivre des kilomètres durant, courent à côté de votre pousse pousse, les plus jeunes vous prennent par la main, reviennent le lendemain puis le surlendemain même vous feignez l'indifférence. Après l'achat d'une dizaine de kilos de riz, tous les enfants de la ville, même ceux que vous n'avez jamais rencontrez, vous connaissent et vous appellent par votre prénom. Malgré cette précarité, les gens, à nouveau, semblent heureux, on ne les entend pas se plaindre; de toute facon je pige pas le malgache. On ne me demande rien en retour des photos prises. Les rues aux odeurs de grillade, remplies de petites gargotes et de petits marchés animés sont des trésors pour qui aime la photo. Mais la nuit est tombée, le crépuscule est décidément trop court, je me vois obligé de remballer mon appareil. Vers l'hôtel, je vois tous ces posy posy trimer pour arriver destination. J'essaierai bien d'en tirer un pour mieux me rendre compte de la difficulté. Je vais en trouver un et le paie 100 ariary (0.041euro) pour pouvoir le conduire jusqu'à mon hôtel. Il s'installe derrière moi, les mains croisées derrière la tête, jambes tendues et c'est parti ! L'engin est très bien équilibré et assez facile à tirer. Bon, je n'ai fait que 500m sur du plat et mon 'client' doit peser 60kg tout mouillé, je n'ai donc qu'une idée très relative de l'effort à fournir. La nuit est bien avancée, je passe plutôt inaperçu avec mon pousse. J'use de la clochette pour dégager la voie, quelque peu défoncée, pour arriver en face de ma chambre. Un peu étonné, le propriétaire récupère son bien et retourne à son emplacement.
01/09/07
Pour découvrir la région et ses environs, je pars à cheval, avec un couple de français rencontré la veille, à la rencontre du lac Andraikiba. Mada est un pays plein de croyances, de mystères et de tabou que l'on nome ici 'fady'. Ces vieilles superstitions façonnent et dirigent la vies des habitants, c'est une des choses avec laquelle on ne plaisante pas ici. Dans le cas de notre lac, ancien port de plaisance durant la colonialisation, on raconte qu'il est hanté par le fantôme d'une jeune fille enceinte qui se serait noyée en rivalisant avec une autre nageuse pour epouser un prince de Merina (de la région du centre; Tana). Chaque matin à l'aube, on pourrait l'apercevoir sur un rocher au bord du lac. Les salutations avec notre princesse assassinéé étant faites, je retourne avec mon groupe, tant bien que mal, en tape cul vers notre point de départ. Le paysage est agricole, les champs arides et nus sont habités par des tornades plus ou moins imposantes. Heureusement, elles sont éloignées et n’effayent pas les chevaux. Vers le marché aux zébus, on apperçoit au passage d’une rivière, les femmes du village lavant leurs linges. Tout le monde nous salue aimablement. Sur la place du marché, cochons et zébus se mélangent. Le zébu fait office de monnaie d’échange ou de dotte lors des mariages. J’aurai pu, par exemple, en fonction de mon pouvoir de négociation, acheter mon billet d’avion pour mada contre un zébu voir un et demi. Les tourniquets animent aussi les marchés, les prix variant de la grande bouteille de coca au cochon de lait. Après cette matinée bien secouée. Je dédie le reste de ma journée à une tradition endémique chargée de fady ; l’exumation ou le retournement des morts. A Madagascar, les morts ne sont pas morts. Les vrais vivants, eux, vouent un véritable culte à ce monde parallèle des ‘razonas’ qu’ils ne laissent entrevoir par bribes aux vazas de passage. Dans leur tombeau, les défunts régissent en profondeur la culture malgache. Une vision plutôt particulière pour nous occidentaux ou ici, ceux qui sont partis, n’ont pris qu’une certaine avance dansle temps et la sagesse. Cet hommage est ainsi une manière de rendre grâce à la vie dans sa forme la plus aboutie (selon le lonely planet…). La date du retournement, elle, est déterminée par une sorte d’astrologue ; ‘ombiasy’, qu’il interprête dans des graines. Autour de cette cérémonie, les fady, sont généralement locaux. D’une région à l’autres, les interdictions changent. Un exemple de fady, qui n’a rien avoir avec l’exumation, ou on ne peut pas porter de rouge en traversant tel rivière en pirogue ou siffler sur tel plage et malheur à celui qui transgresse la règle. La cérémonie, quant à elle, n’est pas lieu pour exprimer son deuil mais pour rappeller au defunt qu’il est toujours présent dans les mémoires dans une ambiance de fête. La coutume veut que l’invité offre une boureille de rhum à la famille. Arrivé sur les lieux avec ma bouteille, le defunt exumé est enroulé dans son linceul d’origine. Le long boudin, réduit à une largeur d’une trentaine de cm est vénéré et porté de main en main au dessus des têtes. Les tensions montent... Tout le monde veut lui rendre un hommage et le porter un instant. Juste avant ca, sur le sol, on lui presente des offrandes, on lui laisse un peu de riz ou on lui fait boire un coup de coca ou de rhum ou... de rhum coca.. Pendant de temps, la fanfare rentre en transe. Tout le monde se tortille dune facon demoniaque. Le rhum coule a flot. la police, armee, est presente pour eviter les debordement trop frequent et n hesitera pas a embarquer fermenent une personne ayant donne un coup de coude intentionnel en dansant. Apres quoi, dans une odeur de formol, on habille la depouille dans un nouveau linceul blanc puis dans un 'Tsy' orange, sorte de fin tapis de sisal avant l adieu temporel. Pendant que j immortalise le
lundi 17 septembre 2007
j'arriiive Mada
Fin du Malawi
Keith et Agathe, le couple franco-américain, rencontré la veille quitte l’hotel. Nous serons ammenés à nous revoir dans quelques jours dans la capitale. Apres une matinée de récupération, Daniel, le garçon de l’hotel, et moi, partons l’après midi sur le lac en kayak pour une partie de pêche. Les rayons du soleil donne une couleur turquoise au lac et nous laissent apercevoir les poissons que nous essayons de pêcher. Equipé d’un fil de nylon, d’une série d’hameçons, d’un plomb et de quelques vers, nous retirons une vingtaine de petits poissons colorés. Les plus gros d’entre eux seront destinés, n’ont pas à nos estomacs mais, à celui d’un aigle pêcheur nichant à quelques coups de pagaie d’ici. Ils sont nombreux dans la région et sont devenus une attraction pour amuser le touriste. Daniel siffle un grand coup pour appeller l’aigle qui arrive illico et se perche sur la cîme d’un arbre dénudé au bord du plan d’eau. Tout est en place pour contenter le client. Daniel jète le poisson mort aussi haut que possible pour bien le faire voir par notre rapace et après quelques essais, l’aigle parresseux ou peut être déjà gavé par d’autres touristes se décide à prendre son envol. En trois secondes, l’affaire est conclue, l’aigle noir du lac, ne demande pas son reste et part becter son amuse gueule tranquillement dans son coin. Voilaaaa… ca, c’est fait !! un peu de snorkeling pour finir la journée en beauté avant de rentrer au bercaille ! Je profite de l’arrivée du crépuscule pour retourner au village. On est dimanche, c’est la jour de la célébration des hommes. Bonjour les hommes.. !! Il est 17h et tout le monde est déjà bourré, les femmes du village ont disparu… Quelques cadavres gisent sur le sol, les autres se terminent au rhum artisanal. Ceux qui peuvent encore marcher viennent me trouver d’une façon assez agressive, l’ambiance est tendue. Ils insistent malgré tout pour partager une tasse de leur tord boyau dans un enclos en paille réservé aux hommes, hum… Ca pue la testostérone ici, continuez sans moi, je sens que ca va dégénerer. Il commence déjà à toucher mon appareil… photo, ben oui photo, hein ! Je remballe mon matos un peu déçu, pas de chanson, ni de dance, ni de peuple soudé, juste des ivrognes. Me reste Daniel, seul gars sobre dans le coin avec de la conversation , ca m’ira pour ce soir…
Une dernière danse
Il ne me reste plus que trois jours au Malawi et j ‘aimerai atteindre le bout du lac avant de repartir ; l’endroit s’appelle Cape Mac Clear. Sorti de mon hotel, je suis pris en stop par la première voiture qui passe. Il est 8h00 du mat’ et big mama assise à mes côtés à une choppe à la main. On est samedi, apparement on profite beaucoup du weekend dans le coin. Bref, le chauffeur est clean et me conduit jusqu’à la gare des bus de Salima, ce qui m’évite une heure de boîte à sardine, bonheur. Malheureusement, elle ne m’évitera pas l’heure d’attente à Salima, temps pour remplir le bus. Je retrouve les ambiances bousculées où les fortes odeurs de friture, de poissons avariés, de poubelles et de transpiration se mélangent dans la chaleur matinale. Je mange sur le pouce dans la gare des bus. Des pattes de poulets, griffes incluses, sont proposées. Je me contenterai d’ailes cette fois-ci. Les gamins vendent de l’eau bouillie dans de petits sachets transparents accrochés au bout d’un bâton pour atteindre les fenêtres des bus les plus hauts. Les maïs quant à eux, sont grillés et piqués sur un long trident. Les gens passent la moitié de leur corps à travers la fenêtre pour attrapper la nourriture des paniers tandis que les vendeurs les tiennent à bout de bras au dessus de leur tête. Le bus est comble, en route jusqu’à la jonction. Sur le trajet, c’est encore et toujours la pauvreté qui frappe. Certain paraissent perdus, déboussolés, noyés dans l’alcool à la recherche d’une piecette ou de nourriture dans les détritus. Les haillons n’ont plus d’autre couleur que celle de la crasse. Le peuple qui se trouve dans le bus préfère d’ailleurs l’ignorer. Tous font comme il peuvent pour vivre ou survivre avec le sourire.. Ils ne connaissent rien d’autre, pas de point de comparaison pour se sentir frustrés. A la jonction c’est contre un pick up que j’échange mon bus. C’est installé dans le back, sur d’énormes sacs de choux, les jambes vers l’extérieur dans le vide que nous traçons à travers la piste durant 4h pour parcourir une distance ridicule. Les rencontres sont intéressées, tous ceux qui m’abordent sans exception me demandent mon adresse ou mon numéro de téléphone pour correspondre avec moi en espérant un voyage en Belgique ou de l’argent en retour. A l’arrière du pick up, l’ambiance est familiale. Même les petites frictions, entre personnes de differents points du pays , dont je ne comprend pas le sujet semblent se passer comme s’ils se connaissaient depuis longtemps. Assis sur mes choux, je peux profiter pleinement du paysage. Des milliers de baobabs majestueux me défilent sous les yeux. La plaine arride s’étend à perte de vue. Chaque passage d’un véhicule en sens opposé nous couvre de poussière. Plus de Muzungu ou de black dans le pick up ; un seul peuple uni par la terre sous une même couleur ; l’orange… Les voyages s’acumulent avec la fatigue, mais ne sont pas encore terminé pour aujourd’hui. A Monkey Bay, je dois trouver un moyen de joindre le Cape Mac Clear. Pas de transport public et la dernière navette pour le Cape vient de partir. J’ai eu ma dose, je reste ici, d’autant plus que le prix du taxi est exhorbitant. Le gars qui m’a proposé le taxi me conduit à un hotel près du lac. Ce seront mes derniers 3/4h de marche pour aujourd’hui, pas fâché d’arriver. Dans le village "perdu" juste avant l’hotel tout aussi paumé, on entend chanté au loin. C’est le weekend de la célébration pour les filles et garçons atteignant l’âge de la puberté. Juste le temps de déposer mes affaires dans ma chambre et je file avec le gars qui m’accompagnait vers le village. C’est le jour de la célébration des filles ce samedi et celui des garçons demain. Le village se compose d’une cinquantaine de huttes aux toits de chaûmes. Ils vivent principalement de pêche, d’agriculture. On ne trouve aucune infrastructure dans le village. Cette pauvreté rapproche très fort les gens entre eux. Partout où je me suis arrêté, j’ai toujours ressenti le peuple africain comme très unis, très soudés dans leurs joies comme dans leurs malheurs. Dans ce village mon sentiment perdure. Tous rassemblés pour fêter l’évenement, une seule et même voix (particulièrement féminine) réssort de cette immense chorale accompagant les percussions. Dans l’euphorie du moment, les gens chantent et dansent sans retenue traversant les ruelles du village dans un nuage de poussière uniforme à l’image de ceux qui la soulève. Le flash de mon appareil photo rend fou les enfants qui n’hésitent pas à crier comme pour déclarer une victoire à chaque déclenchement. Le moment est intense et durera jusqu’au bout de la nuit, avec des dances tribales autour du feu. Les images qu’on peut se faire de l’Afrique profonde sont celles de cet évenement intemporel. Pour ma part, il faut que je mange et que je dorme. Je ne regretterai pas toutes ces heures de voyage de nouveau !
souris et vous êtes photographiés
Je m’empresse de quitter ce lieu trop touristique vers Salima pour rejoindre Senga Bay, 100 km avant la fin du lac, soit au ¾ sud de ce dernier. J’emporte mon fardeau sur la piste pour atteindre la route principale afin de trouver un transport. Le soleil cogne déjà à 8h00. J’ai juste le temps d’être en nage qu’un minibus sorti de je ne sais où, s’arrête à mon niveau pour m’embarquer. Soulagé de mes 35kg, je m’installe à bord de cette apparition divine vers Salima. Les gens à bord, partisants de deux paroisses, se sont réunis pour prier et chanter dans la ville de Kande Bay (certainement pour sauver les brebis egarées du Kande beach hotel) avant de retourner vers Lilongwe, la capitale, pour continuer leur mission.. Derrière moi, un prêtre entame la conversation et me demande de quelle église j’appartiens. Un long débat phylosophique commence sur les origines du monde ; si toutes ces belles choses existent et sont mises à disposition de l’Homme, être doté d’une intelligence supérieure, c’est qu’il doit y avoir quelqu'un derrière toute cette histoire. Notre discution, bien que passionante, est interrompue par un permier arrêt. La troupe fait son petit marché, achète poissons et riz. Première mi-temps terminée, le discours reprend. Il voit bien que je ne suis pas convaincu mais ne perd pas courage et defend ses idées. Je l’écoute patiemment avant la deuxième interruption. Ce coup ci, c’est le marché aux chaussures puis ce sera un troisième arrêt pour la viande. Le quatrième arrêt, les gens de la capitale subjugés par un cargot sur le lac, stoppent le bus pour l’admirer. Pour certain, c’est la première fois qu’ils en voient un. Souvent inconnu pour ceux qui vivent dans les terres. Au même endroit, des femmes agitent de grands paniers en osiers au dessus de leur tête. Par de grands mouvements circulaires, elles capturent les mouchettes rassemblées en nuages compactes. On pourraient les attrapper à mains nues tant il y en a. Le fond de leur nasse en est remplies. Je vois le chauffeur y plonger sa main et porte à la bouche ces insectes comme pour tester la qualité d’un produit. Le pasteur m’expliquera que c’est un plat typique de la région. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a dit le proverbe… Lorsqu’elles ont une quantité suffisante de ces mouchettes, ces femmes les cuisent dans de l’eau salée puis compactées en boules, elles sont alors prêtes à déguster. Il ne manquerait plus qu’un bâton pour faire une variante africaine de la pomme d’amour, la pomme d’amouch…Comme je suis drôle…
Il est d’ailleurs bientôt l’heure de dîner. Un peu plus loin, nouvel arrêt pour touver quelque chose de plus comestible. Cette fois ce sont des souris que le pasteur me propose de manger. Imaginez un bâton en bambou dont les extrémités sont mises bout à bout. Coincées entre les deux, les souris allignées sont dans un premier temps évidées et bouillies dans de l’eau salée avant d’être sèchées au desus d’un feu… L’homme d’église partage l’offrande avec moi pendant qu’il machouille la queue de la bête. J’essaye d’éplucher la peau couverte de poils de la patte qu’il m’a donnée et m’arrête tout de suite. NON ! s’écrie t’il, tu dois manger le tout, os et pattes confondues.. Bon appétit ! Ouvert aux nouvelles expériences, j’enfourne la totalité de la patte et à ma grande suprise, c’est delicieux… !! La chaire est délicate et succullante, légèrement salée.. Mais les poils du rongeur résistent, j’ai l’impression de mâcher un chewing gum. Tout le monde rit de voir un blanc manger la même chose qu’eux, ou c’est peut être ma tête… Discrètement, je recrache la boule de poils par la fenêtre. J’ai eu de la chance m’annoce le pasteur, les souris des champs sont bien meilleures que celles des villes. Il gardera le reste des souris pour les préparer avec une sauce tomatée, tout un programme… Toute cette petite famille ayant terminée leurs courses, nous pouvons continuer d’une traite jusqu’à ma destination où chacun d’entre eux me saluera avec fraternité ; que dieu me protège ! Un vélo taxi me depose me dépose au dépôt de bus pour atteindre Senga Bay. Encore un peu d’auto-stop pour atteindre l’hotel et ooouuuuffff !!! Content d’être arrivé. Il est 16h00, Je n’ai que peu de temps pour profiter du lac. Sur la plage, les vendeurs d’objets artisanaux m’accostent. Je négocie "un bon prix" pour ce que je leur achète, mais ils n’ont pas la monnaie pour me rendre. Que faire… ? La solution est vite trouvée, le gars me propose de me rouler un joint dans du papier journal. C’est bon mon vieux, garde la monaie, pas de souccis ! L’hotel est tres accueillant et possède une multitude d’arbres, dont l’arbre du fameux jeu de bao. Les graines sont souvent gigantesques et des formes les plus variées. L’arbre "boa" est une sorte de gros buisson tout sec rempli d’épines jusqu’aux cosses contenant les graines. Il faut mériter ces graines aux prix de nombreuses griffes si on veut en récolter. La télé est allumée à l’hotel et je retrouve des nouvelles du continent via
TV5. Apparement, je suis parti au bon moment. Innondation historique en Angleterre, innondation en Espagne. Des récoltes de raisin sont détruites en France, sans parler de chez nous où il flotte sans arrêt. Le soir, les jambés résonnent sur la plage. Trois norvégiens et moi même sommes invités à passer un moment avec les locaux autour d’un feu. Les histoires pour touristes fusent. Personne n’y croit tellement elles sont invraissemblables, mais on est tous pliés en 4, tellement le conteur est brillant.
le goût amer du Kande Beach village
Maintenant que tout est en ordre, je peux entamer mon nouveau parcours vers Kande Beach. J’arrive à nouveau le soir. Je passe ma vie dans ces dalla dalla, un peu pénible, mais bon.. Il m’arrête au bord d’une piste où j’abouti au "Kande Beach village", le rdv des backpackers.. Des gamins m’escortent le long des trois km en esperant un pourboire. Ce camp marque la frontière entre deux realités. "Loin" de la pauvreté omniprésente, les muzungus boivent et fument sans limite jusqu’au bout de la nuit dans cet enclos. Je ne trouve pas ma place dans cette ambiance et préfère me retirer sur la plage du lac afin de profiter des locaux chantant et jouant des percussions autour d’un feu de camp. Même s’ils boivent et fument autant que les blancs, l’ambiance est fraternelle et spontanée… Le lendemain matin, je m’informe auprès du centre pour une nouvelle plongée. Une palanquée est sur le point de partir. J’accompagnerai un couple de japonais qui passent leur brevet durant leur semaine de vacances. Deux exilés d’Orient ne supportant plus la pression sociale de leur pays travaillent et vivent au Malawi. Ils n’ont plus de Japonais que l’apparence… Sous l’eau, John, Mon binôme malawien, grelote après 30 minutes, l’eau est à 27°C…, mais ça m’aura tout de même laissé le temps de recolter deux espèces d’éponges endémiques à envoyer en Belgique, mission accomplie ! De retour au centre de plongée, John, efficace et intelligent, se coupe en 4 pour me trouver de quoi expédier mon colis ; pots hermetiques, silicone, papier colant. Je n’ai plus qu’à trouver une poste. Il me reste tout l’après midi pour explorer les environs en espérant trouver du réseau pour envoyer quelques nouvelles. Je longe la plage, les gens viennent à ma rencontre, fiers de me montrer ce qui les occupent. La plupart lavent leurs linges, de grandes bandes de sable sont occupées par les vêtements séchant au soleil. D’autres se lavent tout simplement, sans pudeur, tout se fait de façon très naturelle. Certains s’acharnent à réparer leur filet dechiré ou leur barque encore à moitie innondée. Les gens sont simples tout comme la vie qu’ils mènent. Je ne peux que me sentir bien parmi eux. Une heure de marche au bord de l’eau, je décide de prendre un chemin dans les terres en direction de la route principale. Peut être aurais-je plus de chance pour capter un réseau téléphonique… Je retourne donc par la brousse vers l’hotel et 200 ans en arrière. Le premier petit village est composé d’une dizaine de huttes, les gens vivent à même le sol, habillés de haillons et me font la fête à mon arrivée. Leur quotidien s’apparente plus à de la survie qu’autre chose. A travers l’un de ces hâmeau, des enfants courent sur 300m à ma rencontre. Est-ce la première fois qu’ils voient un blanc en chaire et en os ? Ils m’en donnent l’impression…Ils se disputent pour s’accrocher à un des mes doigts déjà tous pris par leur menottes. L’un d’entre eux s’abaisse pour me nettoyer les chevilles couvertent de sable et c’est toute la bande qui le copie dans la seconde d’après pour jusqu’à me faire perdre l’équilibre. Ils me parlent et me réclament quelques choses, je ne comprend évidement pas quoi exactement. Ils me font les poches pour y trouver un reste de rouleau adhésif. A quoi ce curieux objet peut-il bien servir, s’interroge t’il ? Démonstration, je cole sur le torse du plus curieux quelques centimètres du papier brun, et c’est l’euphorie, ca tient tout seul. !! Tout le monde veut se faire skotcher la poitrine. Si j’en avais eu assez pour momifier tout le monde, je crois qu’ils auraient été d’accord. Ils font de grands signes et crient pour le dire au revoir. De nouveau, ce sont eux qui me font un cadeau. Retour à notre époque au bout du chemin sur la chaleur du bitûme. La ligne éléctrique longeant la route me ramène vers mon point de départ. A un km de l’hotel le réseau se réveille, je ne regrettrai pas d’avoir fait ce grand tour. Sur la plage, près du mini village pour blanc, les pêcheurs sont revenus de leur travail. Des centaines d’indigènes marchandent le poisson, l’achètent pour le revendre ailleurs. Certains font un jour de trajet en minibus pour repartir avec leur butin pour une marge qui leur permettra juste de quoi survivre. Les poissons sont fumés sur place pour faciliter leur concervation lors du transport. Après cette longue marche, je me rafraîchi dans le lac et revoit un des gars qui jouait du jambé la veille au soir et me propose un bao. La nuit tombée, le village se déserte, le calme règne et je retrouve le couple de japonais pour quelques parties de billard et autres conversations ; des volontaires bien intéressants…